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Mobilité hydrogène
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Financement des secteurs d’avenir : la révolution made in Bruxelles

Vive le déficit ! Si cette exclamation n’aura jamais l’indécence de s’exprimer publiquement, nul doute pourtant qu’elle occupe désormais une petite place dans l’esprit de certaines entreprises de la filière hydrogène française : celles impliquées dans le projet Zero Emission Valley en Auvergne Rhône Alpes. Le 30 novembre en effet le plan que la Région, avec la collaboration des énergéticiens, des fabricants de stations de recharge et de véhicules, a imaginé pour déployer la mobilité électrique hydrogène à l’échelle du territoire a été validé par Bruxelles. 1000 véhicules zéro émission hydrogène s’apprêtent ainsi à rouler sur le territoire d’ici à 2020 et à « faire le plein » (en trois minutes !) dans la vingtaine de stations qui seront installées dans les mêmes délais – elles-mêmes alimentées par de l’hydrogène « vert » et « local », évidemment. Une première dans toute l’Europe. Un pas de géant surtout pour la façon d’innover et de développer les secteurs d’avenir.

 

Au-delà de son ampleur ce plan présente en effet une spécificité majeure : il prévoit la rentabilité des investissements réalisés en 10 ans et définit même le chemin pour y parvenir. Terminée la mise sous perfusion ad vitam aeternam de projets dont les impacts bénéfiques ne sont que de vagues promesses ! Pour Zero Emission Valley, le soutien européen et celui de la Région ont ainsi été calibrés pour permettre uniquement le lancement efficace du projet. On peut compter sur les banques, impliquées dans le financement via des mécanismes de prêts, pour éviter toute dérive. Parallèlement, on peut aussi compter sur la Région pour assurer un juste équilibre entre ce souci de maximiser la rentabilité et la nécessité d’aménager le territoire de manière équilibrée, une des clefs du succès à terme.

 

Or, un tel mécanisme de financement n’aurait sans doute jamais vu le jour si les vaches étaient dodues. Octroyer des subventions sans les conditionner à la définition d’un business plan solide est tellement plus aisé ! La démarche, pourtant, mériterait d’être reconnue et systématisée – même si ses auteurs sont à Bruxelles et ne sont pas français… Pour le contribuable évidemment. Mais aussi pour garantir le développement effectif des secteurs d’avenir, dont la mobilité hydrogène fait partie. Rien ne vaut en effet la contrainte de la rentabilité globale d’un projet pour forcer tous les acteurs impliqués à faire des efforts – en termes de prix et de produits notamment – pour coller dès le départ aux attentes du marché. Dans le cadre de Zero Emission Valley, les véhicules sont ainsi proposés à un prix identique à celui de leur équivalent thermique et l’hydrogène, lui, est vendu à un tarif compétitif par rapport aux autres carburants… Voilà qui permet de sortir enfin du dilemme dit « de l’œuf et de la poule » qui, trop longtemps, a bloqué le développement de la filière hydrogène (seuls 200 véhicules environ circulent en France) : d’un côté les constructeurs refusaient de fabriquer des véhicules en série tant que l’État ne s’engageait pas à mailler le territoire national en stations de recharge hydrogène, et de l’autre l’État refusait de débloquer des fonds… tant que les voitures n’étaient pas là.

 

« Alors que le gouvernement s’apprête à publier un projet de loi sur la mobilité, son souci de limiter au maximum l’impact du texte sur les finances publiques pourrait l’inciter à vouloir préserver aussi longtemps que possible les véhicules thermiques et leurs émissions polluantes, même réduites – au motif que la grande ambition « zero émission » coûte forcément trop cher. Il semble au final que l’excuse ne tienne pas. Les 48 000 personnes qui décèdent prématurément chaque année en France du fait d’une mauvaise qualité de l’air seront ravies de l’apprendre. Monsieur le Ministre Nicolas Hulot aussi certainement. Oui, bannir de France la pollution des véhicules thermiques est possible d’ici à 2040 sans le creuser encore, ce déficit. »

 

Fabio Ferrari, CEO de Symbio

et 1er Vice-Président de l’AFHYPAC

 

 

« Le lancement du projet Zero-Emission Valley représente une étape décisive dans la reconnaissance de l’hydrogène comme un véritable carburant alternatif aux énergies fossiles dans le transport routier. L’étape de la démonstration est en effet franchie pour la première fois. Elle laisse la place à celle du déploiement de grande ampleur, organisé et conduit par l’industrie européenne.

 

Le courage et la capacité d’innovation des entreprises impliquées, tout comme la mobilisation de l’ensemble de la Région Auvergne Rhône-Alpes – manifeste dans les nombreuses lettres de soutien reçues en provenance des diverses autorités, des villes et des entreprises utilisatrices de transport – nous ont particulièrement impressionnés. Les fonds apportés par la Commission Européenne comblent un besoin en financement de 20%, mais assurent aussi aux acteurs impliqués le soutien politique à long terme de l’Union Européenne. »

 

Helmut Morsi,

conseiller auprès du directeur de la DG-Move

et coordinateur Innovation